Carifesta

Écrit par Noudelmann François (Paris) Administrateur 29 janvier 2018

Carifesta

 

 

 

Carifesta est un festival des arts caribéens, créé en 1972 au Guyana. Il réunit des artistes, des écrivains et des penseurs des pays de la Caraïbe et de l’Amérique latine. Chaque rencontre est un moment d’échanges intenses entre des créateurs qui exposent leurs œuvres et qui discutent de la culture caribéenne. Le mélange des ethnies, des langues fait de ce festival un lieu de célébration de la diversité, une trentaine de nations y étant représentées autour du théâtre, de la musique, de la danse, des arts visuels et de la littérature.

 

Edouard Glissant participe à sa première Carifesta pendant l’été 1976, en Jamaïque. Il s’y rend en compagnie de plusieurs membres de l’Institut Martiniquais d’Études. Le festival correspond à l’esprit de l’IME qui veut mettre en valeur les cultures diverses et vivantes de la Caraïbe, et qui promeut les rencontres archipéliques. Les langues créoles, d’origines francophones, anglophones et hispanophones s’y côtoient joyeusement. La troupe théâtrale de l’IME monte alors un spectacle à partir d’un montage poétique intitulé West Indies. Elle lit aussi des extraits des Indes et de Malemort.

 

Eduard Glissant rencontre à cette occasion des écrivains de la Caraïbe : Derek Walcott (Sainte-Lucie), Kamau Braithwate et George Lamming (La Barbade), V. S. Naipaul (Trinité et Tobago), Edward Baugh (Jamaïque). À Kingston, les discussions portent notamment sur le concept d’Histoire et sur la place qu’y occupent les peuples de la Caraïbe, participant à une histoire universelle ou à des histoires singulières et plurielles. Lors des réunions festives, Glissant fait aussi la connaissance du chanteur de reggae Jimmy Cliff.

 

L’équipe de l’IME participe, en 1979, à la Carifesta suivante qui se déroule à Cuba. Glissant, qui a gardé avec l’île et ses dirigeants des relations chaleureuses depuis son séjour en 1961, y retrouve Fidel Castro et le poète national Nicolás Guillém. Il est accompagné par les écrivains René Depestre et Ernest Pépin. Malgré la nature totalitaire du régime qui, en 1971, a condamné au silence des poètes tels que Heberto Padilla et José Lezama Lima, Glissant profite de cette Carifesta pour voyager dans l’île et participer aux fêtes culturelles du festival.